L.A.Z. - Trapped In A Time Zone

Chronique :


C'est au sud de la Californie, bordé par un littoral ensoleillé dans la bouillante ville de San Diego, qu'explose une véritable bombe aujourd'hui. Au carrefour des cultures, emplies de diverses traditions et bardées de maintes références, L.A.Z. nous atteint en 1997, signé sur "Underground Nation Records", intégralement produit par Steven L.White, alias VMF. Après une première tentative réussie (20,000 copies écoulées) sur cassette en 1993 pour un premier single intitulé "Make Way For L.A.Z.", notre MC nous revient sur un album dense et surprenant. Sonnant comme un hommage, une célébration à la Californie et empruntant les gammes du Funk, nos deux compères, artiste et producteur, nous dévoilent leurs talents sur vingt deux plages. Si l'appellation "G-Funk" est aujourd'hui galvaudée et employée à torts et à travers, on peut aisément affirmer qu'il s'agit bien de ce registre. Cette même G-Funk que seules les terres californiennes savent si bien enfanter. Rayonnante et roucoulante, elle encense un album atteignant les sommets. En effet, VMF dans ses œuvres, nous gratifient de réalisations soleilleuses et radieuses. Illuminantes et berçantes, les productions s'inscrivent dans la perfection et certains titres font déjà office de classiques incontournables (The Drama Never Dies, Playas & Hustlers, Stay Strong, etc..). On remarque pléthore d'instruments utilisés. La basse répond aux avances d'une guitare redondante. Les claviers, subtils, ronronnent avec douceur, accompagnant un piano calme et mélodieux. Le moog, marque de fabrique de VMF, se montre lourd, grondant et mugissant. Omniprésent tout au long de cette longue écoute, les conceptions en usent et en abusent, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Un nombre incalculable de sirènes et autres sifflets se mélangent et se superposent dans une harmonie supérieure et absolue. Plusieurs courants caractérisent l'album. Outre ce trait dominant, festif, resplendissant et fermement G-Funk, L.A.Z représente également pour la côte est et ses acolytes du Bronx et Brooklyn à New York. Toujours estampillé VMF, certains morceaux se veulent davantage Hip-Hop, et entachent quelque peu l'esprit général de l'album. San Diego est une ville fortement influencée par le Mexique, et le grand nombre des minorités hispaniques transpire également sur l'album. Au croisement des genres, c'est un LP riche, aux multiples visages qui ressort alors. Bien qu'empruntant à de nombreux artistes, choisis de manière très éclectique (Zapp, Funkadelic, The Meters, The Isley Brothers, AZ, Eric B & Rakim, Goodie Mob, Ghostface Killer, Too Short, GZA, DJ Quik, Heavy D & The Boys, etc...), les titres proposés sont foncièrement rejouées, déclinés et recuisinés. Beaucoup de collaborations sont à noter. Ainsi, VMF, Tony Fresh, Crystal Houghton, C.F Aqeel, Passion, Silhouette et Etch U Sketch apportent leurs contributions lors de rimes acérées. Les chœurs, abondants et cadencés, accroissent la qualité désormais indéniable constatée. Ainsi L.A.Z. lui-même, VMF et Ivory Watson s'entendent sur des refrains assortis. On regrette cependant les interludes, répétées, qui ponctuent l'album, ne faisant que ralentir un plaisir qu'on s'empresse de consommer. Pour ce qui est du flow, L.A.Z est très performant, ralentissant quand le tempo l'ordonne et accélérant lors de phases soudaines et réfléchies.En conclusion, ce "Trapped In A Time Zone" étonne et détonne. Parmi les derniers albums véritablement G-Funk, certains morceaux sont terriblement choquants. Malgré quelques titres peu attrayants, le climat général reste excellent. Longtemps resté dans l'ombre, ce missile sous forme de cocktail surgit aujourd'hui, récompensant notre attente avec violence. D'ores et déjà classique, cette sortie locale rejoint les rangs d'une sélection drastique, aux côtés des perles acoustiques...

~ Sharingan Masta ~

Note : 17,5/20
Disponibilité : Sortie locale ultra rare.

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