Elgin K - Elgin K (Maxi CD Single)

Chronique :


C'est au plus profond du Michigan, enveloppé par l'immensité des Grands Lacs, que Elgin Ford appose son empreinte sur un paysage musical déjà vaste et dense. C'est ainsi que débarquant fièrement de sa cité natale, Grand Rapids, notre MC nous délivre deux morceaux de choix, vestiges des créativités sonores que savaient si bien nous gratifier le Midwest. Flirtant avec les frontières de l'Indiana et l'Ohio, les inspirations artistiques s'en ressentent considérablement. Donc, en 1995, sur le micro label "G-Ride Entertainment" fondé pour l'occasion, Elgin K nous confie ses impressions sur des compositions intégralement autoproduites.Deux réalisations composent donc ce maxi CD, avec deux ambiances bien distinctes. Alors que la première s'apparente aux influences du Funk et retranscrit une humeur plus joyeuse, la seconde quand à elle s'efforce de retranscrire la noirceur de l'existence avec un esprit résolument plus "Gangsta". Reprenant donc le standard P-Funk de Parliament, le premier titre "G-World" parvient néanmoins à nous convaincre grâce à une réinterprétation juste et innovante. Bien que la ligne de basse soit conservée, l'utilisation des claviers est rejouée et changée. Le moog est bien gras comme nos tympans l'apprécient si souvent, et un léger sifflet changeant au cours de la production, accompagne les frasques que nous content Elgin K. On dénote même quelques notes de piano, brillamment plaquées aux chœurs savoureux de Infra Red qui ponctuent les couplets effrénés de notre ami Elgin. En résumé, c'est un très bon titre, festif et mélodieux, que ce premier aperçu des qualités de l'artiste. On retrouve également une version instrumentale de ce même morceau, où les instruments ressortant davantage, apportent une touche acoustique très appréciable. La seconde réalisation est quand à elle beaucoup plus rude, avec un trait de caractère bien plus sombre. La production, minutieusement distillée, n'est pas en reste et nous offre son lot de compensation. Les claviers sont toujours savamment utilisés, et le clap est percutant comme j'aime. Une sirène assez grave vient également nous surprendre lors des certains passages. L'ambiance qui s'en dégage n'est pas sans nous rappeler les compositions que pouvaient nous livrer les studios "Death Row", lorsqu'ils empruntaient des chemins obscurs. Je pense notamment au "Natural Born Killaz" de Dr.Dre & Ice Cube, où l'ambiance était malsaine au possible. Bien en dessous dans la réalisation cependant, ce "Vocal 187 Mayhem" est pourtant très raisonnable et s'écoute donc avec plaisir. Concernant le Flow de Elgin K, il s'avère très bon, avec une articulation qui résonne avec force. Les phases, saccadées, sont à souligner, et son phrasé parvient à s'imposer sans difficultés sur les deux titres proposés, pourtant diamétralement opposés dans l'esprit.Au final, ce maxi CD, bien que très court et définitivement trop vite consommé, rejoint les rangs d'une scène Midwest que j'apprécie davantage à mesure que je la découvre. Petite pièce de collection, ce n'est pas une révolution musicale, mais une alternative de très bonne facture, qu'il serait idiot d'ignorer. Toutefois et c'est à regretter, je ne sais si Elgin K a poursuivi sur sa brève mais néanmoins remarquable intention.

~ Sharingan Masta ~

Note : 16/20
Disponibilité : Sortie locale relativement rare.

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