Top Prize - Comin' Off Propa (Tape Only)
Encastrée sur les bords immenses du lac Michigan, la ville de Milwaukee soumise au froid rude et hostile fut pourtant le foyer d'une musique riche et chaleureuse, souvenir d'une scène oubliée. Dans notre inquisition en ces terres esseulées, et à mesure que nous progressons, les découvertes sont toujours de taille. C'est donc sans surprises que notre intérêt se porte aujourd'hui sur ce tandem directement natif du Wisconsin, qui en 1997 nous livrait un joyau incontestable. Quelle fut donc ma stupeur d'apprendre donc que le duo Top Prize n'en était pas à leurs premières œuvres. C'est donc avec plaisir, que le rideau se lève aujourd'hui sur leur second enregistrement sur cassette, véritable premier album après un single en 1994. C'est donc en 1995, que "Comin Off Propa" nous est proposé. Cool et Romeo déboulent alors sans crier gare, sur neuf titres de très haute voltige. Deux artistes, deux labels. Simultanément inscrits sur "Balln Big Records" et "Sound Slik Productions", les productions sont cependant entièrement réalisées par Cool, producteur et interprète pour l'occasion. Le projet est donc enregistré au "Pearl Studio", et masterisé par Dan Gnader pour "Danger Prods", tout en passant par les soins des ingénieurs du son Todd Scott et Terry Miller pour "Blade Productions". C'est, par conséquent, avec une minutie exacerbée que l'album sera étudié, faisant l'objet d'une attention admirable. En réalité ce deuxième verset des aventures de Top Prize s'agit de la première édition du "Playalistic Conversation". C'est pourquoi on retrouve quatre morceaux, déjà appréciés de nos tympans affûtés. Cinq pistes inédites sont à découvrir donc. Autant le dire tout de suite, rien n'est à jeter. On retrouve donc le même grain au niveau de la réalisation que le troisième volet paru en 1997. Disons que les deux volumes vont ensembles, indissociables de l'un comme de l'autre. L'atmosphère qui y règne est la même tout dulong, et on constate une régularité constante.Les réalisations sont de grandes envolées, et on évalue l'inspiration de Cool à son comble. Les instruments se déchaînent et l'utilisation des claviers est dirigé d'une main de maître, avec un touché délicat, presque sensuel. Les différentes versions de "Playa Hay'da" sont tout simplement incroyables, enrichies de sirènes virevoltantes, le Talkbox gémit sans retenue. Le moog est léger et les riffs de guitares subtils et calculés. Dan "The Guitar Man" fait d'ailleurs un travail remarquable quand à ce point, son jeu est littéralement parfait. On alterne entre ambiance festive et plus laid back. Les chœurs sont majestueux également, Denise Stingley et Lisa Golden nous transportent sur les courants apaisants de leurs voix écrémées. Tout se confond dans une parfaite alchimie G-Funk où le flow complémentaire de nos deux compères s'apposent avec justesse et adresse. Sur le titre "Fake Ass G's" par exemple, on assiste à une réalisation de grande classe, où les notes fragiles plaquées au piano délivrent une atmosphère et un climat de sérénité intense. Les rimes articulées épaissies des phases nombreuses qui jalonnent la diction diserte de ce duo magique sont sans reproches et aucune fausse note ne vient noircir ce constat vertueux. Mr. Debo, que l'on retrouvera par la suite sur le "Playalistic Conversation" se distingue également sur quelques couplets entraînés. On baigne dans un climat satiné, acoustique axé sur la recherche d'une musicalité travaillée et affinée.En conclusion, ce second épisode du parcours de Top Prize est à relever et marquer d'une pierre blanche, tant la qualité est au rendez-vous pour une sortie visiblement si obscure. Avec une recherche probante, les compositions sont soignées à l'extrême et s'imposent définitivement au temple des classiques G-Funk. Conservant une saveur hardiment locale. Le seul regret serait que nous connaissions la moitié des morceaux présents sur cette petite perle, paradoxalement sorti bien avant la mouture laser.
~ Sharingan Masta ~
Note : 17/20
Disponibilité : Sortie locale ultra rare pressée en une quantité infime d'exemplaires.

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